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Le Cully Jazz à Dom – Jour 9 – Partie 2

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Le Club est vraiment chouette! Tous les artistes que j’y ai vus ont été de belles découvertes. Certaines plus marquantes que d’autres, mais je peux dire que je ne m’y suis jamais ennuyé.

Ainsi pour cette dernière soirée, j’ai découvert Manuel Volpe & Rhabdomantic Orchestra, venus d’Italie.

Des ambiances très “lounge”, avec un côté “nappes sonores”, habitées par la voix intimiste et chaude du leader et compositeur.

Heu… une petite précision: mon anglais est très élémentaire et ne me permet pas ce comprendre les paroles; ce tout ce que j’écris ne concerne donc que la musique.

La voix de Volpe est chaleureuse, presque caressante. Je ne sais pas ce qu’il raconte, mais j’ai l’impression d’entendre des histoires intimes, ou alors quelque méditation philosophique. Assis sur une chaise, à l’avant de la scène, il assure également la basse électrique.

À sa droite, un guitariste aux sonorités… comment dire… aériennes, et un pianiste (Rhodes & piano acoustique) chaleureux.

J’ai écrit « nappes sonores », mais les compositions sont parfois émaillées de riffs très nerveux, quelque peu funky, envoyés par une section de trois saxophonistes, dont l’un joue également de la flûte, un autre disposant aussi de deux clarinettes, dont une basse. Par ailleurs, la rythmique est assurée par un batteur très chevelu qui n’a pas oublié son énergie au vestiaire, ainsi que par un percussionniste très chauve (bongos, congas, djembé…) dont j’apprécie le travail.

Une musique très vivifiante, qui a d’ailleurs attiré un public nombreux qui ne se fait pas prier pour manifester son plaisir. Encore une découverte, une fenêtre de plus qui s’ouvre pour moi et qui élargit le champ de vision de mes oreilles.

Leur album est disponible sur bandcamp, ainsi que sur plusieurs plateformes (voir leur site). Mais je rappelle que bandcamp rémunère beaucoup mieux les artistes. À privilégier donc.

Merci pour eux.

Et pour nous aussi, hein, parce que faudrait pas oublier que c’est tout à notre avantage que les artistes soient bien traités, non mais!

VolpeOrch

En sortant du Club, je me rends une fois de plus au Sweet Basile. Oui, je sais, ça fait un peu monomaniaque et je ne saurais nier que je suis un homme d’habitudes. Mais sur les cinq soirées que j’ai passées dans cette salle, seule la première présentait des musiciens que je connaissais déjà. Et même, je ne les avais jamais entendus dans cette formation avec ce répertoire. Alors tu vois, parmi les psychorigides, je suis un aventurier!

À l’affiche de ce soir, un trio de Montréal, Misc. Anciennement nommé Trio Jérôme Beaulieu, ils ont eu envie de changer de nom, pour exprimer qu’ils sont bien un trio, et non un leader avec ses deux acolytes. Je trouve l’idée plutôt sympa. Ils sont obligés de nous l’expliquer vu que sur les trois CD qu’ils nous proposent à la vente, seul le dernier est édité sous ce nouveau nom. Il est disponible notamment sur bandcamp.MiscLeur musique est accessible, sans être – loin de là– du « easy listening ». Elle est riche, pleine de surprises, de rebondissements, de contrastes. Au passage, c’est le plus beau son de contrebasse que j’ai entendu durant cette cuvée du Cully Jazz. Peut-être en partie dû à son ampli à lampe, qui a un look de « machin-qu’on-voit-pas-partout-et-qu’est-pas-de-la-daube-moi-j’te-dis”. Je me suis régalé à l’entendre. D’autant que le gars qui lui chatouille les cordes est largement à la hauteur!

Leur barbu de batteur, s’il portait une chemise à carreaux, pourrait presque passer pour un bûcheron canadien. En moins balèze et plus souriant (bonjour le cliché!). Mais quelle finesse dans le jeu! Il me fait toutefois une impression bizarre: à la limite de la rupture, semblant hésiter par moments à chaque frappe avec la crainte de rater la prochaine, la tête rentrée dans les épaules apparemment crispées; pourtant il assure, et là aussi je me régale! Comme accessoire atypique, il a, pour un titre, clippé sur le bord de sa cymbale ride une de ces pinces métalliques dont You Tube regorge de vidéos qui nous expliquent tout ce qu’on peut faire avec. La sonorité obtenue est assez intéressante. Par ailleurs, il utilise de temps en temps un sampling pad qui produit des sons préprogrammés.

Ils nous interprètent notamment une suite en trois mouvements qui est l’occasion de lever un voile sur leur processus de création. L’un d’eux avait un disque qui contenait un résumé de la mission Apollo 11, avec notamment les dialogues entre la fusée et Houston. Lors d’une séance de travail, ils ont fait tourner le disque et ont improvisé par-dessus ces documents sonores. Certaines propositions s’étant avérées intéressantes, Jérôme Beaulieu a composé cette suite durant laquelle ils donnent à entendre certains extraits de ces archives sonores; elle se trouve sur leur premier CD, L’Homme sur la lune, disponible également sur bandcamp.

Pour tes yeux, il y a cette vidéo, très bien faite, sur laquelle on peut notamment savourer le toucher de Jérôme Beaulieu et sa maîtrise de la dynamique, par exemple dans le long crescendo qui conclut le solo de contrebasse.

En cherchant des liens pour cet article, j’ai découvert également deux vidéos tournées à Cully durant ce même concert, par Marie Middleton, leur agente européenne. Elles se trouvent sur la page facebook du trio. La qualité (notamment du son) est bien moins bonne, mais ça donne une petite idée de l’ambiance du Sweet Basile.

MiscPano

Image un peu déformée parce que faite avec la fonction PANO de mon iPhone SE

~ ~ ~

Voilà. Ainsi s’est terminée cette cuvée 2017 du Cully Jazz. La quatrième pour moi, et sans doute la meilleure, du moins d’un point de vue quantitatif. Parce que qualitativement, ces quatre années m’ont réservé de belles surprises et de grands moments qui m’ont imprégné profondément.

Je me souviens de ce que j’écrivais en 2014 sur cuk.ch, lors de mon premier article sur le Cully Jazz (publié avant le festival):

« Je ne suis pas un familier des festivals. Non que je n’aime pas ça, sur le fond; passer du temps dans un lieu sympa où il y a plein de musique, ça me brancherait plutôt. Mais plus je prends de l’âge, plus je vis mal les situations de foule. Donc, pour cette raison, je ne me risque pas à me rendre dans ce genre de manifestation. À la fête de la musique, à Genève, il m’est arrivé de fuir et me réfugier… osé-je le dire? devant ma télé.

Mais là, cette année, je vais faire un saut — ou plutôt trois — au Cully Jazz Festival. Pour une raison très simple: je ne peux pas faire autrement.”

Trois ans plus tard, je ne peux toujours pas, et cela me convient parfaitement!

Redac
La salle de rédaction où est né cet article.
Y a pire.

4 réflexions sur “Le Cully Jazz à Dom – Jour 9 – Partie 2

  1. Ah la la, les amplis à lampes, une fois de plus, montrent leur chaleur et leur faculté de mettre en exergue les sons acoustiques, comme les autres d’ailleurs.

    Oui, assez joli coin pour écrire, j’en conviens!

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  2. … grrr, commentaire parti tout seul et plus possible de corriger, c’est nul ce WordPress 😏!

    J’écrivais donc « Content que tu aies pris ton pied à Cully, c’est beau hein, le canton de Vaud, pour un Genevois!

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